Mon article n°33
Une thérapie ne se termine normalement ni “d’un coup”, ni sur un simple “au revoir”.
Il y a généralement plusieurs étapes :
Ø La prise de conscience que “quelque chose est arrivé au bout du processus thérapeutique”.
Ø Les séances ne sont plus vécues de manière aussi intenses ou nécessaires qu’avant.
Ø Ton/ta thérapeute peut aussi te dire qu’il/elle observe une stabilisation, ou une meilleure autonomie par exemple.
Il arrive que cela commence par une phrase en séance du style :
“Je viens en ayant moins de choses à dire qu’avant” ou “Je me sens plus solide au quotidien”. L’entretien peut alors permettre d’expliciter une éventuelle fin d’accompagnement thérapeutique, en lien avec ce qui vous avait amené à commencer. Cela pourrait être aussi une phase transitoire, qui mène à aller plus loin dans le travail sur soi.
Dans le cas d’une fin de thérapie, on ne clôture pas seulement le travail, mais aussi la relation thérapeutique (qui est souvent très importante émotionnellement). Il est possible d’en parler : de ce que cette relation t’a apporté, de ce que ça te fait de dire au revoir, des peurs ou tristesses ... C’est une façon de vivre une séparation sécure et contenante, ce qui est déjà thérapeutique en soi.
Voici cinq signes forts qui peuvent indiquer qu’une thérapie touche à sa fin (ou à une nouvelle étape, plus espacée) :
1) Tu gères les difficultés sans ton/ta thérapeute Tu arrives à identifier ce qui te traverse (émotions, pensées) et à y répondre avec les outils vus en séance. En cas de coup dur, ton premier réflexe n’est plus “il faut que j’en parle absolument à mon/ma psy”, mais “ok, je sais quoi envisager par moi-même”.
2) Les raisons pour lesquelles tu as commencé (crise, symptômes, décision importante, schémas répétitifs…) se sont nettement apaisées ou transformées. Quand on te demande “pourquoi tu es en thérapie ?”, tu hésites presque, parce que tu sens que tu n’es plus à ce stade-là.
3) Vous tournez un peu en rond sur les mêmes sujets, sans insights majeurs ni changement concret. Tu as l’impression de “faire le point”, plutôt que de “travailler” en profondeur à chaque séance.
4) Les séances sont un plus, pas un besoin vital : si une d’elle est annulée, ce n’est pas dramatique. Tu n’utilises plus la thérapie comme béquille pour prendre toutes tes décisions ou pour gérer chaque émotion inconfortable.
5) Tu ressens à la fois une appréhension (c’est normal) et une forme de fierté / tranquillité à l’idée de “voler de tes propres ailes”. Tu te surprends à penser : “Je crois qu’on arrive au bout de ce cycle”.
Deux points me semblent importants à garder en tête
1- La fin d’une thérapie se prépare : ce n’est pas tout ou rien.
On peut espacer les séances, faire un “bilan”, puis planifier une ou deux séances de suivi quelques mois plus tard.
2- Le meilleur indicateur reste la discussion avec ton/ta thérapeute.
Tu peux aussi lui dire très directement “Je me demande si on arrive au bout, qu’en pensez-vous ?”. Il saura accueillir cette question, sans jugement et l’explore avec toi.
Finalement, ce peut être une ou plusieurs séances centrées sur ce que tu as accompli :
> Comment tu étais au début, comment tu es maintenant.
> Ce que tu comprends mieux de toi, de ton histoire, de tes réactions.
> Les outils et ressources que tu emportes : Techniques (respiration, recadrage des pensées, communication, etc.).
Points de vigilance : Situations ou périodes de vie où tu sais que tu peux être plus fragile. Ce qui reste éventuellement à explorer plus tard (sans que ce soit dramatique).
Certains thèmes peuvent être “assez travaillés pour maintenant”, même si on sait qu’ils pourront se reposer différemment à un autre moment de la vie. La séparation / la “clôture” relationnelle.
La projection vers l’avenir
On clarifie ce que tu fais si ça ne va plus :
Ø Est-ce que tu peux reprendre rendez-vous avec ce/cette thérapeute ?
Ø Faut-il envisager un autre type de suivi un jour (groupe, thérapie plus longue, autre approche) ? Certains thérapeutes proposent : une séance de suivi à 3 ou 6 mois, ou simplement l’idée que “la porte reste ouverte” si tu en ressens le besoin.
En résumé, une fin de thérapie “saine”, c’est généralement :
Ø Parlé et décidé ensemble, pas imposé ni subi.
Ø Progressif, avec du temps pour tester ton autonomie.
Ø Réfléchi, avec un vrai bilan sur ce que tu as traversé et acquis.
Ø Respectueux de la relation, en prenant le temps de se dire au revoir.


